08 janvier 2009

Faut il jeter le libéralisme ?...

Mais au fait, c'est quoi le libéralisme ?

montesquieu.jpgLe libéralisme est une philosophie politique née au siècle des siècle des Lumières et affirmant la propriété de soi.
Le libéralisme n’est pas une résurgence du temps où la loi du plus fort était la meilleure, bien au contraire, l’idée libérale s’est affirmée pendant la révolution, elle implique une limitation des pouvoirs par le pouvoir (principe de séparation ), l’abolition des privilèges, le partage et l’égalité devant la justice, elle rejette le principe "du fait du prince" et de l’arbitraire, le libéralisme est bien une philosophie, une philosophie méritocratique qui aspire à substituer le talent vérifiable à l’héritage du rang par le sang comme facteur de promotion sociale.

On le voit le libéralisme est une philosophie issue de la raison, et non de la loi du plus fort, il libère l’initiative individuelle mais aussi le sens des responsabilités au travers des droits et des devoirs qui s’y attachent. Certes, le libéralisme seul, ne peut garantir l’intérêt collectif, et il ne peut permettre le passage à l’état social que grâce à l’apport des principes démocratiques. Mais il reste un socle essentiel, car de son côté, la démocratie seule, est limitative dans le sens où elle tend à annihiler la liberté individuelle en imposant le règne des masses. D’autre part, le suffrage universel qui devrait en principe garantir l’autonomie, ne débouche non pas sur un autogouvernement, mais conduit à au contraire à une perte de maitrise des citoyens sur leurs institutions ; de fait, le parlement peut se diderot.jpgrévéler  faible voir impotent, et le risque est alors grand de générer des frustrations telles, qu’elles peuvent engendrer le totalitarisme. Le libéralisme représente donc le complément essentiel à la démocratie en garantissant l’équilibre entre l’initiative individuelle (héritage du droit naturel) et la nécessité de prendre en compte l’intérêt collectif (issu de la raison). L’harmonisation entre ces deux principes est compliquée voir impossible, si ils restent dans les mains d'individus qui ont des vues strictement rousseau.jpegpartisanes et dogmatiques, il y a donc nécessité de redonner le ciment nécessaire pour maintenir cette harmonisation, c’est en cela que nous devons être vigilant , et s’assurer que les institutions et les corps intermédiaires puissent jouer leur rôle de contrepouvoir vis-à-vis de l’exécutif.

Comme on le voit le libéralisme est un ciment essentiel, or nous citoyens, sommes souvent victimes d’une confusion des genres, bien souvent entretenues pas les politiques des deux bords qui dénaturent le libéralisme et la démocratie, quitte à mettre en opposition les deux principes fondamentaux. Côté gauche ils s’attachent à limiter le principe libéral à une notion économique ou comptable donc l’utilise comme repoussoir de la droite, qui elle-même s’attache n’y voir que l’expression de la défense des intérêts individuelles. Finalement les uns et les autres finissent par faire oublier aux citoyens leurs devoirs au seul profit de leurs droits. C’est un jeu dangereux qui peut avoir pour conséquence des aventures fâcheuses pour notre pays, le rôle de la politique doit être justement d’assurer ce ciment exprimé dans les valeurs des Lumières, et permettre ce lien social indispensable à l’existence de toute société.Il est à noter que chaque fois que notre pays a su faire travailler ensemble ses antagonismes (de forme) au profit des valeurs et de l’intérêt collectif, comme a su le faire le Général de Gaulle par exemple, la France s’est avérée capable de déplacer des montagnes, et la solution à la crise que nous vivons ne passera que par un  retour aux valeurs fondamentales républicaines, le libéralisme en est une.

Il faut donc faire attention aux amalgames, et veiller à ne pas jeter  trop vite le libéralisme avec l'eau du bain du système néolibéralisme, car  tout comme la démocratie, le libéralisme fait partie des socles fondateurs de notre République ...

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