05 janvier 2009
Comment envisager un plan de relance européen...
…quand les membres qui la composent prennent des mesures aussi disparates ?...
Les 11 et 12 Décembre dernier, fort de l’accord sur « le paquet énergie climat » par ailleurs difficilement obtenu, Nicolas Sarkozy espérait bien rajouter un plan de relance européen à sa boutonnière,et à la hauteur des exigences qu’impose la crise économique.
Mais pour d’accord sur une relance coordonnée et digne de l’enjeu, que nenni, celui-ci se limitera à 200 milliards d’euros soit 1,5% du PIB européen, nous sommes bien en dessous des 2% conseillé par le Fonds monétaire international, et très très loin de Barack Obama qui lui, promet d’y concentrer 4% du PIB des Etats Unis. Enfin, si l’on décortique ces 200 milliards, seuls 30 milliards sont issus de financement communautaire, les 170 milliards restants proviennent des budgets nationaux des états membres qui étaient déjà prévus par chacun. La seule coordination constatée n’aura eu pour seul objectif, que de s’affranchir du pacte de stabilité. La France présidente de l’Europe n’a pas pu insuffler l’esprit de solidarité, et l’action collective des états membres qu’imposaient pourtant de telles circonstances.
C’est donc en ordre dispersés que les pays membres vont tenter de surmonter cette crise, dés lors, le risque peut légitiment apparaitre pour les uns de voir les autres profiter de ses propres mesures de relance pour prendre le train en marche, sans avoir de leur côté à mettre la main au porte monnaie. La méfiance va donc être de mise et le risque est grand de sombrer dans l’immobilisme et de passer à côté des mesures urgentes à mettre en œuvre. Cette attitude révèle le manque cruel d’Europe politique et économique, et comparé à la capacité d’action des Etats-Unis.
Si l’épreuve que nous traversons, met en évidence nos faiblesses, elle démontre également tous les bénéfices que pourrait tirer notre
économie européenne si celle-ci avait une unité d’action. encore faudrait il pour cela que les engagements financier de chaque état permettent à l’Europe de dégager des fonds structurels plus conséquent, car il est important de garder à l’esprit, que le budget européen ne représente que 1 % de la richesse nationale de l'Union, ce qui équivaut à environ 235 euros par an et par habitant. En 2008, le budget communautaire s'élevait à 129,1 milliards d'euros en crédits d’engagement, en 2009 il va être de 133,8 milliards d’euros (Voir l’article de Nathalie Griesbeck). Une grande partie de ce budget reste affecté à l'agriculture et au développement durable (environ 80%) ce qui ne laisse que peu de place aux fonds structurels, alors même que ce sont ces fonds qui permettraient à l’Europe la mise en place de plan de mesures plus efficaces pour dynamiser la croissance économique tout en permettant un renforcement de la cohésion d’action des Etats membres.
"...Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France !" Victor Hugo, discours d'ouverture du congrès de la paix, 21 août 1849
Nous avons besoin d’Europe, d’une Europe qui ne se limite pas à une simple organisation interétatique, mais bien d’une Europe forte, capable de parler d'une seule voix et d’être entendu, écouter et respecter …

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