02 janvier 2009
Perspectives économiques en 2009 : situation de crise ?
La dette publique française (Etat, collectivités locales et Sécurité siciale) a augmenté de 15,6 milliards au troisième trimestre (+0,4%), s’établissant à 1284,8 milliards d’euros, soit 66,1% du PIB (Soit 20,393 € par Français). Rappelons que les normes du Pacte de stabilité monétaire (Zone "euros") fixait un plafond d'endettement maximum d'un Etat membre à 60% de son produit intérieur prut (PIB).
En réalité, le gouvernement s'attend au final à ce que la dette publique boucle l'année 2008 à 66,7% de PIB, tant les rentrées fiscales baissent rapidement avec les premiers effets de la crise économique mondiale...
Des recettes moindres
Le produit de l'impôt sur les sociétés payable en 2008, déjà en baisse de 4 milliards par rapport aux attentes du budget voté il y a un an, pourrait finalement être de 13% inférieur au niveau escompté si le dernier accompte payé le 15 décembre traduisait bien une baisse de 3 milliards supplémentaires. Même mauvaise intuition avec la TVA, première pompe à finance du pays. Le recul de la consommation depuis l'été se ressent dans les rentrées fiscales, de même que la baisse de la TIPP sous le double choc d'une moindre demande de carburants depuis l'automne et d'une baisse des prix à la pompe. Côté Sécurité Sociale non plus les comptes ne sont pas fameux, avec de moindres cotisations sociales depuis le redémarrage du chômage. Alerte aussi côté recettes des collectivités locales avec le net recul des droits de mutation immobiliers du fait des bien moindres transactions...
Davantage de dépenses.
Etat, collectivités et Sécu sont également partis pour dépenser plus, ne serait-ce que pour financer le plan de relance français de 26 milliards d'euros. Donc pour s'endetter encore davantage. A en croire le programme de stabilité transmis la semaine dernière à la Commission de Bruxelles, l'endettement de la France atteindrait 69,1% du PIB fin 2009. Soit 3 points de plus qu'aujourd'hui. Un record absolu qui ne peut pas annoncer autrechose que des impôts futurs pour rétablir les comptes...
Conclusion.
Le tableau semble bien sombre. Néanmoins, nous ne devons pas oublier que la crise actuelle est d'abord celle du logiciel économique des USA. Notre système français et européen n'est pas en cause. Même s'il doit "digérer" (plus facile à dire qu'à faire, on s'en doute...) les conséquences de cet effondrement de l'autre côté de l'Atlantique. Car cette crise, c'est d'abord et avant tout la fin de l'hégémonie économique des Etats-Unis. Et dans le contexte d'une économie mondiale, lorsque le leader financier s'écroule, personne ne peut s'en sortir sans dommage.
Nous avons cependant des atouts. Et en particulier, même si cela a généré des contraintes et des frustrations par le passé, l'euro constitue
une véritable aubaine. Non pas tellement en tant que monnaie. Mais par les obligations qui ont été instaurées pour son existence. Notamment le pacte de stabilité, qui a obligé les pays concernés à limiter leur endettement à 60% du PIB (chacun y étant plus ou moins bien parvenu). On est en tout cas bien loin de l'endettement de l'autre côté de l'Atlantique, au delà de 300%, voire davantage, suite, par excemple, aux différents "efforts de guerre" des dernières années (Irak, Afghanistan...) dont toute la facture n'est pas totalement établie aujourd'hui...
Certes, pour les pays européens les marges de manoeuvre sont étroites si on choisit de vouloir continuer à museler la dette publique. Mais elles sont néanmoins envisageables. Et puis cet endettement "modéré" est aussi le gage d'une vie au quotidien qui n'est pas totalement a crédit. Donc l'investissement est encore probablement possible. Et chacun sait que c'est bien lui le moteur économique, au plan international, comme au plan beaucoup plus local.
C'est d'ailleurs sans doute une des clés de cette "digestion" plus ou moins rapide de la crise économique actuellement traversée que la capacité des nations, des collectivités et aussi des ménages à continuer à investir. Et c'est aussi très certainement un retour à une plus juste valeur du travail comme source de profit (certe moindre, mais bien présent et plus constant), plutôt que la spéculation avec ses secousses imprévisibles et immodérement aléatoires...
17:51 Publié dans ANALYSE ECONOMIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : dette publique, recette, defcit, relance, euro, europe |
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Commentaires
Où sont-elles, les solutions du MoDem? A part être contre tous ce que fait Sarkozy?
Ecrit par : La Souterraine | 04 janvier 2009
@ La Souterraine, merci pour votre commentaire,
Si vous suivez l'actualité du Mouvement Démocrate, vous constaterez que nous sommes loin de nous limiter à faire de "l'antisarkosisme" primaire.
La baisse des rentrées fiscales liée à la baisse de l'activité n'est certes pas la conséquence de la politique de N.Sarkozy, mais le bouclier fiscal et à la loi TEPA, elles, ont des conséquences que nul ne peut nier sur le déficit et donc sur nos capacités à relancer notre économie nationale.
Autre constat, sur le plan de l'Europe, N. Sarkozy a bien pris l’initiative et c’est heureux, mais il n'a pas su aller jusqu'au bout, et mobiliser. Il en résulte un plan de relance européen bien maigre, comparé au plan américain, et nous risquons de payer cette timidité, enfin la fraicheur des relations entre la France et l'Allemagne n’a pas aidé à la mise en place d’un plan de relance ambitieux.
Quand aux solutions du MoDem, elles sont dans le programme présidentielle de F. Bayrou , que je vous invite à lire, et qui est amendé par le travail des adhérents au sein des commissions.
Maintenant, c'est tout de même N. Sarkozy qui est au gouvernail et force est de constater qu'il n'est pas encombré pas l'opposition pour mettre en place des réformes efficaces, quand on voit la perte d’énergie autour des réformes de l’audiovisuel ou du travail le Dimanche, franchement ...
Ecrit par : J.Charles | 05 janvier 2009
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